Quels animaux peut-on observer la nuit avec une caméra de chasse ?
On installe une caméra de chasse en pensant au sanglier ou au chevreuil. Et puis on relève la carte, et on découvre une faune entière qu'on ne soupçonnait pas : blaireaux, fouines, hérissons, chats forestiers. Voici qui passe, quand, et comment les reconnaître sur une image infrarouge en noir et blanc.
Le sanglier
Quand : toute la nuit, avec un pic entre 22 h et 3 h. Il sort plus tôt en hiver et par temps couvert.
Comment le reconnaître : silhouette massive, dos en pente vers l'arrière, groin au ras du sol. En compagnie, les marcassins suivent la laie en file. Attention, il déplace souvent la caméra en se frottant : serrez bien la sangle.
Où le poster : bauge, souille, coulée large, agrainoir. Une caméra à 0,3 seconde est utile : il traverse souvent au trot.
C'est d'ailleurs lui que j'ai découvert sur les images de ma propre caméra, posée au bord d'une rivière.
Le chevreuil
Quand : surtout au crépuscule et à l'aube, plus rarement en pleine nuit.
Comment le reconnaître : petit, pattes fines, arrière-train plus haut que les épaules, tache blanche bien visible sous la queue. Le brocard porte des bois courts de février à octobre.
Ce qui marche : lisière de bois, bord de pré, passage de haie. C'est l'animal qui déclenche le plus souvent une caméra en France.
Le renard
Quand : toute la nuit, avec une préférence pour le début de nuit.
Comment le reconnaître : silhouette basse et allongée, queue épaisse presque aussi longue que le corps, démarche souple. En infrarouge, ses yeux renvoient deux points très lumineux.
Ce qui marche : abords d'un poulailler, tas de bois, lisière, chemin creux. Il est curieux : il vient souvent renifler la caméra, ce qui donne de très gros plans.
Le blaireau
Quand : il sort de son terrier à la nuit tombée et rentre avant l'aube.
Comment le reconnaître : corps trapu au ras du sol, démarche lourde et roulante, tête rayée de noir et blanc parfaitement visible même en infrarouge.
Ce qui marche : entrée de terrier (posez la caméra à trois ou quatre mètres, pas plus), coulée menant à une prairie. C'est l'animal qui récompense le mieux la patience.
La fouine et la martre
Quand : toute la nuit, par passages très rapides.
Comment les reconnaître : corps long et bas, queue touffue, déplacements par bonds. La fouine a une bavette blanche sous la gorge, la martre une bavette plutôt jaune — difficile à distinguer en noir et blanc.
Attention : elles se déplacent vite. En dessous de 0,5 seconde de déclenchement, vous les aurez ; au-delà, vous ne verrez qu'une queue qui sort du cadre.
Le hérisson, le lapin, le lièvre
Ce sont les habitués des jardins et des bords de parcelle. Le hérisson avance lentement, ce qui pardonne les caméras lentes. Le lièvre, lui, traverse à pleine vitesse : sans un déclenchement rapide, vous ne ramenez rien.
Le chat forestier, le cerf, le loup
Plus rares, et très dépendants de la région. Le chat forestier se distingue du chat domestique par une queue épaisse terminée par des anneaux noirs bien nets. Le cerf, lui, ne laisse aucun doute : il remplit le cadre. Dans les massifs concernés, une caméra bien placée finit parfois par documenter un passage de loup — c'est rare, mais ça arrive.
Trois réglages qui changent tout la nuit
- La longueur d'onde des LED. En 940 nm, aucune lueur rouge : les espèces méfiantes ne repèrent pas l'appareil. En 850 nm, l'image est plus claire mais une lueur rouge est visible de près.
- La distance. L'infrarouge éclaire entre 10 et 20 mètres selon les modèles. Au-delà, l'animal apparaît comme une forme grise. Posez la caméra près du passage plutôt que face à une grande surface.
- Le mode photo plutôt que vidéo. La nuit, une rafale de trois photos consomme bien moins de batterie qu'une vidéo de trente secondes, et suffit largement pour identifier l'espèce.
Et la phase de lune ?
Certains modèles horodatent chaque cliché avec la phase lunaire. Au bout de quelques semaines, le schéma apparaît : beaucoup d'espèces bougent moins par pleine lune dégagée, davantage par nuit noire. C'est une information gratuite, et c'est souvent ce qui fait la différence entre une carte pleine et une carte vide.